Equador, allez, on s’en refait une petite pile,

Equador, roman

car c’est sans conteste un des plus beaux romans que nous ayons lus.

L’intrigue: les Anglais accusent les Portugais d’utiliser une main d’oeuvre forcée sur leurs plantations de Sao Tome. Le roi du Portugal dépêche sur place un jeune aristocrate libéral mais peu expérimenté. Les Britanniques envoient de leur côté un haut fonctionnaire extrêmement brillant mais chargé d’un lourd passif.

Outre ces 2 personnages, l’un mélancolique, l’autre dévoré d’ambition, il y a la femme de l’Anglais, libre et indépendante, et deux autres dont on ne vous dira rien.

Le cadre: il fait chaud, l’auteur a le don de vous faire sentir la touffeur et la moiteur des tropiques, mais l’ambiance coloniale est tout aussi oppressante. Quelle issue pour le jeune héros face à l’opposition larvée de ses propres compatriotes et au machiavélisme de son interlocuteur?

Un vrai roman romanesque, ce n’est pas si courant?

Pas des « coups de coeur », mais des titres à retenir

l’un, distrayant, l’autre, grave et déchirant:

L’hôtel hanté, de Wilkie Collins. A mi chemin entre la littérature fantastique et le conte policier. (La photo a été empruntée au blog de Charlotte Parlotte qui a également écrit une critique élogieuse du roman.)

« Il y a 25 ans, j’ai commencé un livre pour combattre le silence qui m’étouffe depuis que je suis né. » Le ghetto intérieur, de Santiago Amagorena.

Vitrine développement personnel: lagom, hygge et autres lykke…….

Le mot lagom, « ni trop ni trop peu », nous vient de Suède. Un état d’esprit, un style de vie, un ènième concept marketing pour nous faire acheter un peu plus de paniers, bocaux, coussins?

(Quelques explications mesurées à lire sur le site La Suède en kit)

Le hygge, et son indispensable accessoire: la bougie, dont les Danois seraient les plus gros consommateurs au monde..

Le honjok, ou le secret des Coréens pour vivre heureux dans la solitude.

Le niksen, ou l’art de ne rien faire, (sympa, celui-là.)

Reste à choisir……

Coups de coeur d’avril, côté fiction

Le directeur

d’Anthony Trollope, publié en 1854. Un poche, dont l’intrigue se réduit à une phrase: le directeur de l’hospice peut-il prétendre aux bénéfices confortables de cet hospice au détriment de ses pensionnaires?

On s’en moque, penserez-vous, mais ce serait se priver de ce petit monde religieux victorien si délicieusement suranné, de la délicatesse de sentiments de certains personnages mais également de la description féroce et ironique du pouvoir et de l’argent. Trollope, un auteur à découvrir!

Pina, de l’autrice tahitienne Titaua Peu, un roman très sombre: pauvreté, violences conjugales, inceste, l’envers du décor.

Le miracle de la Combe aux Aspics, un petit miracle anti-Covid, un de ces rares livres qui vous font vraiment éclater de rire et vous mettent de bonne humeur.

Pour finir , L’appel du cacatoès noir, un récit, celui d’un Australien qui se rend compte à l’âge adulte qu’il a vécu toute sa vie avec un crâne aborigène dans son salon et entreprend de le remettre à sa famille. Intéressant par ce qu’il montre de naïveté et de l’ignorance abyssale qui subsiste entre les communautés autochtones et les descendants de colons.

D’autres coups de coeur en BD, mangas, essais et albums sont visibles sur le site de Librairies93.

Un très grand livre: Ah Hock est un meurtrier, mais il faudra 400 pages au lecteur

Nous, les survivants

pour comprendre quel enchaînement de circonstances l’a conduit à ce geste. Sociales, Ah Hock est malaisien mais d’origine chinoise et pauvre? Politiques, entre corruption et exploitation des travailleurs immigrés? Environnementales, changement climatique, raz-de-marée et destruction de la forêt pour les cultures d’huile de palme?

Entre peinture d’un destin individuel (« C’est juste que je ne peux m’empêcher parfois de me demander si j’étais réellement destiné à devenir moi. ») et destin d’un homme ordinaire dans le monde du XXIème siècle, Nous les survivants est un très grand livre, de ceux qu’on ne lâche pas et auxquels on repense.

« La Commune fut dans son essence, elle fut dans son fond, la première grande bataille du Travail contre le Capital. Et c’est même parce qu’elle fut cela avant tout qu’elle fut vaincue, et que vaincue, elle fut égorgée. »

Jean JAURÈS (1859-1914), Histoire socialiste, 1789-1900, volume XI, La Commune, Louis Dubreuilh (1908)

Vitrine La Commune de Paris. La sélection mise en avant par Quentin est disponible sur le site de Librairies93.