Le grand mystère des livres que nous parvenons (ou non) à vendre. Ceux que nous avons réussi à vendre:

C’est le petit péché mignon des libraires que de se pencher avec angoisse ou délectation sur la liste des meilleures ventes de leurs pairs: la liste de l’Observatoire de la Librairie, qui regroupe 368 librairies indépendantes de différentes tailles.

Et là, nous sommes très contents d’être premiers pour le roman estonien Les secrets, Les chats ne rient pas, roman japonais aux édtions Picquier, Hot Maroc et bien placés pour La république du bonheur et Sang chaud. Nous avons même reçu un appel des éditions Sonatine pour nous féliciter du succès de L’accident de chasse, il est vrai apprécié par toute l’équipe. Appel qui fait chaud au coeur, c’est extrêmement gratifiant quand notre travail est reconnu par les éditeurs!

Alors, en attendant la déferlante de janvier….

Le grand mystère des livres que nous parvenons (ou non) à vendre: ceux que nous n’avons pas ou peu vendus, à notre grand regret:

Vous savez, ceux qu’on a appréciés, emmitouflés dans un bandeau et changés sournoisement plusieurs fois de place en espérant qu’ils seraient un jour remarqués?

Eh bien les voici, ceux qui nous accablent de honte:

Permafrost : aucun exemplaire vendu de ce roman catalan aux éditions Verdier. L’histoire d’une quarantenaire lesbienne et dépressive, d’une femme qui « tente de se construire durablement, tiraillée entre ce que son entourage attend d’elle et ses propres désirs » (Le Monde), entre l’image épanouie d’une femme libre et épanouie qu’elle renvoie aux autres et « le sentiment d’asphyxie qui la pousse à envisager d’un bout à l’autre du livre toutes les manières possibles de se suicider. »

Un roman qui n’est ni triste ni déprimant, parfois cocasse, avec une belle galerie de personnages féminins et un bel hommage à la littérature.

A notre décharge, seules deux librairies de notre panel de 368 librairies indépendantes en France ont dépassé la vente de 10 exemplaires, mais quand même…

Freelove, un lumineux roman sur l’initiation à l’amour physique d’une jeune fille par son professeur de philosophie, doublée d’une réappropriation de leurs communes traditions samoanes, le tout dans un décor à faire rêver. Nous en avons vendu 5, ce qui nous met en tête du classement!

La mort et son frère, (9 vendus) de même que Un jour idéal pour mourir (4) ont évidemment souffert du confinement. Qui a envie de se pencher sur ces titres au moment de Noël? Ce sont pourtant des livres importants sur notre monde, sur Kaboul et Alger, mais aussi des oeuvres littéraires avec une construction originale.

Alors oui, ils vont quitter les tables, mais pour trouver une place auprès de leurs congénères de notre bien-aimé stock. Où vous pourrez les retrouver, au cas où l’envie vous en viendrait.

« Un roman de toute beauté qui évoque avec une grande sensibilité le temps qui passe et le poids de la vieillesse. Supportons-nous nos « vieux », que faisons-nous pour eux? Et quand viendra notre tour, qu’aimerions-nous? « 

On ne peut qu’être d’accord avec La Librairie Tome 7! Le crépuscule de Shigezo de Sawaki Ariyoshi nous parle également du rôle de la femme dans la société traditionnelle et de son évolution dans le Japon des années 70, et de la difficile confrontation d’une famille à la sénilité de l’un de ses membres.

C’est à la fois très japonais dans la description des mentalités, des rapports de voisinage, de la place accordée aux plus âgés, et complètement universel.

Et n’oublions pas Les dames de Kimoto qui nous ont fait découvrir cette magnifique autrice!

Quel est le pays où on lit le plus de livres et où il y a le plus grand nombre d’écrivains par rapport à la population?

C’est bien connu, ce pays est l’Islande. Profitons-en pour rappeler la dernière parution de Stefansson, Lumière d’été, puis vient la nuit, un livre enchanteur, qu’on lit lentement, en s’interrompant souvent pour rêver, sourire ou même essuyer une petite larme.

(Une sélection de nos Islandais préférés est à lire sur Librairies93, sous la rubrique Comment voyager sans quitter Pantin.)