La Malle aux histoires

La Malle aux histoires

Un court roman qui vous hante:

L’infinie patience des oiseaux, de l’auteur australien David Malouf. Un livre à lire sans regarder la 4ème de couv’. Ce que (pour une fois) j’ai fait. Car sans 4ème de couv’, on tâtonne, on s’interroge: roman social? nature writing? roman d’amitié, éventuellement amoureuse?

Jusqu’à la deuxième partie. En tout cas, un livre magnifique.

L’infinie patience des oiseaux, de l’auteur australien David Malouf

Apprendre à trier ses déchets (version chinoise):

« Il suffit de songer aux cochons: les déchets humides, c’est ce qu’un cochon peut manger, les déchets secs, c’est le reste; les déchets toxiques, il meurt s’il en mange, et le reste, ce sont les déchets avec lesquels on peut gagner de l’argent, donc, s’acheter un cochon ».

Lumineux, n’est-ce pas?

Lu dans Courrier international, Comment la Chine forme sa population au tri des déchets.

Certes, ce livre-là n’est pas un chef-d’oeuvre, mais

il n’est pas bête et se lit très agréablement. Pensez-y pour les fêtes, à offrir à des gens intéressés par la mode, les grands magasins, la psychologie et, -c’est le point fort du livre-, par les rapports qu’entretiennent les Australiens avec ces exotiques immigrés venus d’Europe.

« Il est Russe. C’est un Européen? »

Les petites robes noires, de Madeleine Saint John.

Livre- mystère: laissez-vous surprendre.

L’idée (empruntée à d’autres librairies) est de proposer un livre déjà emballé avec pour seules indications son prix et sa catégorie.

Est-ce une grande prise de risque? Nous avons fait appel aux connaissance  pointues  de Quentin en matière d’imaginaire et de SF, aux trouvailles inattendues du petit nouveau (Mehdi) et à un stock de polars et autres très bons romans emmagasinés depuis plus de 60 ans par Sylvia.

Quant à Jérôme qui n’était pas là, on va lui coller les essais.

Et que fait la cheffe?

Dîtes-leur que je suis un homme, un texte inoubliable.

Dîtes-leur que je suis un homme.

 

 

 

Un grand écrivain vient de disparaître: l’Américain Ernest Gaines.
Il était publié aux éditions Liana Levi, qui nous ont envoyé le texte suivant:
« Je suis né un dimanche pendant la saison de la canne à sucre, et ma mère est repartie aux champs deux ou trois jours après ma naissance. Ces hommes et ces femmes du Sud sont les héros de ma vie : qu’ils aient survécu avec tant de dignité, voilà ce que je cherche à rendre. »
Ernest J. Gaines (1933-2019)
«Un géant au regard triste. Du haut de sa stature imposante Ernest J. Gaines remplissait l’espace de ce regard, un regard qui laissait  deviner l’enfant qu’il avait été lorsque à l’âge de neuf ans il ramassait des pommes de terre sur les plantations du Sud des Etats Unis. J’aurais aimé le voir sourire, mais non, l’occasion ne lui en a pas été donnée.» Liana Levi
«C’est à l’homme que j’ai rencontré pendant son séjour en France que je pense aujourd’hui, mais traduire son œuvre, ses romans, m’a constamment enchantée, honorée, touchée.» Michelle Herpe-Voslinsky

«Repose en paix Ernest J. Gaines. Disparition de l’immense écrivain américain, témoin de notre condition in(humaine). Relisons son magistral Dites-leur que je suis un homme ou encore son Autobiographie de Miss Jane Pittman.» Alain Mabanckou (twitter)

«He was one of my favorite authors and favorite human beings. I am honored to have shared space with him on this planet. For the rest of my life, I will cherish his words of wisdom, on and off the page, and his generosity of spirit. Rest In peace, rest in power, rest in respect.» Attica Locke (twitter)

Ernest J. Gaines est né en 1933 dans une plantation de Louisiane. À neuf ans, il y ramasse des pommes de terre pour 50 cents par jour. « Enfant, comme les anciens n’étaient pas allés à l’école, je lisais et écrivais leurs lettres… D’une certaine manière, c’est là que tout est né, je continue à écrire leurs lettres », se souvient l’écrivain. À quinze ans, il quitte le Sud pour rejoindre sa mère en Californie. Durant ses études, il dévore les nouvelles de Maupassant, les classiques russes, mais regrette que « son monde » ne figure pas dans les livres. Il décide donc d’écrire pour le mettre en scène. Ses premières nouvelles paraissent dans un magazine en 1956. Plusieurs recueils et romans suivront, notamment D’amour et de poussière (1967) et, en 1971, Autobiographie de Miss Jane Pittman, qui l’imposera aux États-Unis. Colère en Louisiane (1983) sera adapté au cinéma par le réalisateur Volker Schlöndorff.
Son œuvre est une des rares à dépeindre un Sud en évolution, où le changement est envisageable, où les Noirs de la nouvelle génération s’opposent aux anciens dans une quête résolue de dignité. L’ordre voulu par les Blancs, mais aussi conforté par la résignation des Noirs, est remis en cause. La mutation est en cours, porteuse de conflits et de drames.
À la force du propos, Gaines ajoute un immense talent de plume alliant épure dans l’écriture et utilisation des ressorts classiques de la tragédie tout en conservant pour ses personnages la magie de la langue parlée. Il est aujourd’hui considéré comme un des auteurs majeurs du « roman du Sud » ; le grand prix de la critique américaine (National Book Critics Circle Award), décerné en 1994 à Dites-leur que je suis un homme, ainsi qu’une nomination pour le prix Nobel de littérature en 2004, récompensent l’ensemble d’une œuvre magistrale. Il est mort mardi 5 novembre dans sa maison d’Oscar, en Louisiane, à l’âge de 86 ans.
Toute son œuvre est disponible en français aux Éditions Liana Levi, traduite par Michelle